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Jocari (latin iocari s’amuser, iocus jeu)

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Dangeau (marquis de), Journal (1689)
 

"Blanque"

Texte

"JANVIER 1687

(p. 10) Lundi 20, à Marly. Monseigneur étoit parti, dès le matin, au sortir de la messe, et y étoit allé pour donner ordre à une blanque (2) qu'il veut qu'on y tire pendant le séjour qu'on y fera. On joua en arrivant jusqu'à sept heures, et on recommença à huit jusqu'au souper. On arrangea la blanque; il faisoit un froid extraordinaire, et cependant tout le monde s'y trouva fort bien. Madame la Dauphine n'est point du voyage, mais elle y viendra demain après son dîner.

(2) Blanque, loterie. L'usage de ce jeu fut introduit en France pendant les guerres d'Italie. La loterie s'appela d'abord blanque, du nom bianca (sous-entendu carta) que les Italiens lui donnoient parce que les billets non gagnants étoient blancs, et, lors du tirage, désignés à haute voix. par le mot bianca. Jusqu'à Louis XIV, la loterie eut assez peu de succès; mais le roi mit les loteries à la mode dans les fêtes brillantes qu'il donnoit à Versailles et à Marly. 11 se servit de ce moyen pour gratifier de lots précieux les dames de la cour et les courtisans, (Voy. au 5 mars suivant.) (Note insérée au XIXe siècle)

(p. 11) Mardi 21, à Marly. On a commencé à jouer en sortant de table et jusqu'à l'arrivée de madame la Dauphine, qui n'est venue qu'à cinq heures. D'abord on a ouvert la blanque, il y avoit une infinité de monde. On la rouvrit encore deux heures après, et toujours la même foule. On a rejoué depuis huit heures jusqu'à souper, et, durant ce temps-là, le roi a mené madame la Dauphine à la musique […] Le roi a donné beaucoup de lots d'argent par-dessus les bijoux que Monseigneur et madame de Montespan ont mis à la blanque. […]

Mercredi 22, à Marly. […] Monseigneur fit commencer le jeu, qui dura jusqu'à cinq heures; ensuite on ouvrit la blanque à deux reprises différentes, et tous (p. 12) les billets furent pris en très-peu, de temps on auroit trouvé à en débiter quatre fois davantage. Il vint beaucoup d'hommes et de dames de Paris et de Versailles pour faire leur cour […].

FÉVRIER 1687

[Lundi 3, à Marly] (p. 17) On ajoué deux reprises du grand jeu, et entre deux on a travaillé à la blanque, qu'on ouvrira demain à l'arrivée de madame la Dauphine. […]

Mardi 4, à Marly. […] Dès que madame la Dauphine fut arrivée, on ouvrit la blanque. […]

(p. 18) Jeudi 6, à Marly. A la loterie d'aujourd'hui et à la blanque d'avant-hier, le roi a toujours ajouté beaucoup de lots d'argent qu'il donne gratuitement. Après souper, madame la Dauphine est retournée à Versailles; les joueurs recommencèrent le gros jeu à sept heures, tous habillés en comédiens italiens. Le comte d'Auvergne, qui tenoit un jeu, a perdu son fonds de 5,000 pistoles, et Monsieur a repris le jeu. Le roi et madame de Montespan sont mis avec lui.

DÉCEMBRE 1687

(p. 73) Mardi 2, à Marly. Le roi alla tirer, et revint de bonne heure. On commença à jouer beaucoup dans les boutiques, il y a les plus belles étoffes, le plus beau linge et les plus agréables pierreries qu'on puisse voir. Il y a une blanque aussi. On a joué le grand jeu avant et après le ballet, qui a commencé à six heures et demie. […]

(p. 74) Jeudi 4, à Marly. Le roi alla tirer Monseigneur joua le grand jeu en sortant de dîner; Monsieur revint de Paris d'assez bonne heure-pour être à la messe. Madame la Dauphine arriva avant cinq heures; on joua beaucoup dans les boutiques; on épuisa les billets de la blanque, et la comédie-ballet du Bourgeois gentilhomme commença à six heures […]

JANVIER 1688

(p. 101) Vendredi 30, à Marly. Il y eut une blanque de fort jolis bijoux […]

MAI 1688

(p. 137) Mardi 4, à Marly. Madame la Dauphine vint sur le soir, et il y eut une blanque le roi donna de son argent ceux qui vouloient tirer mettoient chacun douze pistoles. La duchesse du Lude eut le gros lot. […]"

Extrait de
Journal du marquis de Dangeau, tome 2, publié en entier pour la première fois par MM. Soulié, Dussieux, de Chennevières, Mantz, de Montaiglon ; avec les additions inédites du duc de Saint-Simon publiées par M. Feuillet de Conches, chez Firmin Didot frères éditeurs, Paris, 1854-1860.

Date
1689

Lieu de publication
France

Auteur
Philippe de Courcillon Dangeau (marquis de) (1638-1720)

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